Manifeste
pour l’Algérie
Alger, Janvier 2004
Monsieur
Benbitour,
Comme
vous avez déclaré : « je m’engage
pleinement à contribuer avec toutes les volontés créatrices
de mon pays, sans exclusion et sans jugement de valeurs, dans l’élaboration
et l’exécution de tout projet en mesure d’aider
l’Algérie et son peuple à sortir de ses crises
et leur éviter le chaos et l’éclatement
», à ce titre, j’ai été délégué
par le commandement du Mouvement Algérien des Officiers Libres
pour Annoter votre manifeste.
J’ai lu et relu votre manifeste pour l’Algérie
avec énormément d’intérêt car la
gravité du sujet que vous abordez mérite toute l’attention
de la part des algériennes et des algériens sincères.
Vous avez établi un diagnostic très précis
de la situation, et vous avez soulevé les points clés
qui reflètent scrupuleusement l’état épouvantable
dans lequel se trouve aujourd’hui l’Algérie ;
Que dire d’un pays gangrené (et le mot n’est
pas fort) par la corruption, d’un pays usé par une
dictature pernicieuse, d’un pays mutilé par une décérébration
collective à en perdre sa propre identité, sa culture
et même sa religion… !
Vous avez effectivement évoqué tout ce que les algériens
ressentent et ont beaucoup de peine à extérioriser
; mais ils accumulent dans leurs cœurs une rage et une haine
extraordinaires contre ceux qui sont la cause de leur perte. Chaque
algérien est en ce sens, une bombe à retardement,
un volcan prêt à exploser tout simplement à
cause de la sensation permanente du mépris «
Hogra » et de l’injustice. Si la situation
n’est pas désamorcée au plus tôt, les
conséquences risquent d’être dramatiques et irrémédiables
pour ceux et celles qui en payent le prix le plus fort ; le prix
du sang qui malheureusement continue de couler et à endeuiller
les Algériens !
Je reviens pour accentuer avec détermination votre cri du
coeur et confirmer vos sentiments d’inquiétude afin
de tirer encore plus fort toutes les sonnettes d’alarmes.
Je dois vous préciser que notre mouvement a mis en garde
tous les responsables (y compris le “président”
Bouteflika) de la catastrophe sur les répercussions engendrée
par la crise qu’ils ont enfanté ; mais comme dirait
le sage : le pouvoir illégitime est à la fois sourd,
cupide et arrogant !
L’unique issue de secours passe inexorablement par des Hommes
qui assumeront le courage de leur conviction, et les partenaires
du manifeste doivent être tous les algériens qui militeront
avec une grande dignité contre l’injustice et le mépris.
La classe politique actuelle a perdu tout crédit, tant elle
s’est compromise avec les oppresseurs, qui par calcul, par
soumission, ou par lâcheté devient complice des initiateurs
de la crise. les manœuvres et les marchandages de cette pseudo
opposition se font au détriment du peuple et ne font que
consolider le pouvoir des bourreaux et de leur apporter une légitimité
dont ils ont besoin pour la « consommation extérieure
».
Des hommes intègres existent malgré tout, et le salut
de l’Algérie repose sur les épaules de ces citoyens
exemplaires qui n’ont pas troqué l’intérêt
national et le sort du pays contre l’enrichissement personnel.
Comme nous sommes loin d’être dans une société
libre, aucune rénovation du système ne peut être
envisagée sans prendre en compte le facteur capital de l’équation
algérienne à savoir l’ANP. Vous avez dit : «
l’institution militaire est née avant la naissance
de l’Etat nation», L’expression
est lourde de sens ! Le peuple algérien existait bel et bien
avant l’ALN et l’ANP et c’est grâce à
la détermination de ce peuple que la naissance de l’ANP
a été rendue possible ; oui c’est le peuple
qui a enfanté l’armée et non le contraire. Pour
ce qui est de la tournure des événements au sein de
l’ANP par la suite, c’est un autre sujet qui constitue
l’essence de la crise actuelle et qui germait en fait depuis
l’indépendance suite à série de choix
politiques irréfléchis ou répondant délibérément
à des choix occultes pour que l’Algérie ne recouvre
jamais son indépendance totale.
Cela nous ramène à un point très important
pour rétablir une vérité oubliée mais
bien réelle: Le maître absolu en Algérie
c’est le peuple. Rien ne peut se mettre au travers
de la volonté du peuple et si le peuple trouve la bonne voie,
même la pire des dictatures doit s’incliner devant l’exigence
populaire et les exemples à ce sujet ne manquent pas.
Vous ne pouvez pas imaginer le nombre de requêtes que nous
recevons de la parts de citoyens qui nous demandent tout simplement
d’agir au plus vite pour sauver l’Algérie en
utilisant la manière radicale ! Il est difficile
de faire admettre à nos concitoyens désespérés
que la violence ne peut qu’engendrer plus de violence. Nous
avons dés le départ écarté cette méthode
de changement qui ne répond pas à nos aspirations,
ni à notre conception de l’Etat moderne que nous voulons
édifier.
Il est par contre certain, qu’une démarche populaire
massive bien organisée en amont par des Hommes sages et intègres
conduirait assurément le pays vers une démocratie
à travers une transition légitime et à moindre
coût.
En plus clair, une révolution amorcée par la société
civile entraînerait de facto une transmutation au sein de
l’armée puisque même au sein de l’ANP les
officiers en ont assez de cette situation infernale et n’attendent
que le moment propice pour opérer le changement nécessaire
!
Nous restons convaincus que les prochaines élections présidentielles
n’apporteront ni la solution ni même un début
d’une solution, puisque la principale source de décision
reste loin des instances élues et ce depuis janvier 1992.
Vous avez vous-même exercé une fonction hautement sensible
et vous avez constaté cette vérité amère
; le politique reste soumis au militaire quel que soit la fonction
puisque la hiérarchie militaire continue d’imposer
sa prééminence (la primauté du militaire sur
le civil est une réalité qui dure depuis 1957) et
de faire croire insidieusement que le civil est immature et donc
incapable d’assumer des responsabilités étatiques.
Les décideurs militaires ne connaissent que la cooptation
et le parrainage, prenant le soin de ne jamais s’afficher
sur le devant de la scène ; le rôle étant dévolu
à ce qu’on appelle communément un « fusible
» pour ne pas dire une « marionnette
» .
Il est donc certain que le meilleur candidat du monde ne peut rien
contre cette caste de despotes qui détient le véritable
pouvoir et qu’elle n’est aucunement prête à
céder !
Faut-il rappeler que le « monarque » actuel a été
consacré par les mêmes faiseurs de présidents
et comme nous l’avons dénoncé il y a de cela
quelque temps, la situation entre les deux camps s’est détériorée
suite à une insane lutte pour le contrôle de l’ANP.
Lorsque le “président” Bouteflika a demandé
à nous rencontrer en février 1999 à Madrid,
nous lui avons clairement signifié lors de la réunion
les chemins à suivre et les conditions nécessaires
pour sortir de la crise, mais il n’a pas voulu (même
s’il l’a promis) se défaire de l’un des
responsables (parmi tant d’autres) de la crise à savoir
Larbi Belkheir que le peuple tout entier abjure et méprise
avec force! Pire encore, Bouteflika nous a même encouragé
expressément à conduire une action au sein de l’ANP,
il a promis (comme à son accoutumée) de fournir une
couverture constitutionnelle aux entreprises du mouvement à
condition que l’action lui confère en fin de compte
tous les pouvoirs sur l’institution militaire !
C’est ça le fameux Bouteflika, il était prêt
(il l’est toujours du reste) à user de tous les stratagèmes
pour s’assurer un pouvoir sans partage, mais nos objectifs
démocratiques et nos idéaux nationaux nous ont empêché
de cautionner la démarche irréfléchie de ce
pseudo président. Nous sommes sûr d’un autre
côté que cela lui aurait permis de démasquer
et de bâillonner la masse d’officiers intègres
qui se trouve au sein de l’ANP et en Algérie. L’élimination
de ces officiers intègres aurait écarté tout
risque de perte du pouvoir pour Bouteflika. C’est
essentiellement pour ces raisons que nous avons été
les premiers (dès le début de l’an 2000) à
le désavouer, le renier et ne pas le reconnaître comme
un président digne de la république.
Notre connaissance des rouages du pouvoir, des influences des uns
et des autres associés par compromis dans le partage de la
rente ; Notre perception aussi des immenses intérêts
de certains cercles occultes au sein de l’Etat qui sont intimement
liés à des réseaux étrangers (que vous
connaissez certainement) nous permettent de certifier que le changement
ne peut être opéré par une seule personne comme
vous l’avez bien dit : « L’équation
est beaucoup plus difficile pour qu’une seule tête,
aussi ingénieuse soit-elle, la résolve ».
Il faut donc un ensemble de têtes capables d’émerger
au dessus de toutes les divergences pour réunir les algériens
autour du même objectif sacré qui est celui de sauver
la patrie.
Le droit à la liberté et à l’autodétermination
des peuples est un droit inaliénable autant contre un envahisseur
étranger que vis a vis d’une dictature impitoyable
et quelque soit la tournure que prendront les événements
en Algérie, le compte à rebours d’une révolution
populaire a déjà commencé. Ceux qui croient
que le pays ne peut subsister sans eux découvriront bientôt
qu’ils avaient tort de croire que l’Algérie ne
peut exister sans eux !
Il y a des moments où se distinguent les Hommes et leur vraie
nature s’étale, c’est dans ces moments critiques
et décisifs que la persévérance et la détermination
des fidèles payent et permettent le changement du cours de
l’histoire d’un pays ; Le destin exalte à ces
occasions le courage des hommes et leurs sacrifices.
Oui Monsieur Benbitour, la sortie de la crise est vraiment possible
et notre pays recèle effectivement toutes les ressources
humaines et naturelles qui lui permettent de devenir un Etat modèle.
Mais il faut avant tout fédérer les efforts, rassembler
les Hommes et pardessus tout vaincre la peur qui fige les esprits
et paralyse les membres. La tâche qui nous attend est difficile
c’est un fait, mais pas impossible. Il est normal d’avoir
peur de mener ce combat car la peur est humaine et source de bonne
conscience, mais cette peur ne doit en aucun cas prendre le dessus
et devenir un inhibiteur et une raison de lâcheté.
Nous
avons déjà publié un plan de sortie de crise
obéissant aux espérances de nos concitoyens qui ont
définitivement rejeté le régime et ses symboles.
Techniquement, il faut commencer par assainir toutes les institutions
de l’Etat et l’Algérie doit passer par une phase
de convalescence afin d’unir tous les efforts pour faciliter
la naissance d’une nouvelle république. Encore une
fois, la mission est loin d’être facile certes, elle
paraît même insurmontable tant il y a à faire
puisqu’il faut tout reconstruire, absolument tout, mais cette
mission elle est avant tout sacré !
Les algériens attendent un miracle même si ce miracle
est simple et peut être résumé en un seul mot
: Justice.
Le respect des lois de la république et la réhabilitation
de l’appareil de justice est sans aucun doute la plus grande
priorité qui va permettre de briser les fausses convictions,
changer les esprits et réapprendre aux algériens que
personne n’est au dessus de la loi même le premier magistrat
du pays. C’est à cet effort que l’on pourra redonner
espoir aux algériens et reconquérir leur confiance
qui nous permettra de rebâtir l’Algérie avec
une même foi.
La
nouvelle Algérie verra naître aussi une nouvelle armée,
puisque au sein de l’ANP, toute une génération
d’officiers universitaires est prête à prendre
ses responsabilités avec sérénité, malgré
les difficultés et les sournoiseries des commandeurs
de l’armée qui mettent à la retraite de jeunes
colonels hautement qualifiés de peur que ces jeunes
officiers conduisent une action contre ces généraux
illettrés qui ne réagissent plus que par leur instinct
primitif de survie.
L’histoire ne pardonnera pas à ceux qui ont vu venir
le danger et ne l’ont pas endigué, vous avez raison
à ce sujet. A l’heure où l’Algérie
agonise, certains énergumènes dénués
de tout honneur s’acharnent comme des charognards
à diviser l’Algérie sous le prétexte
fallacieux du droit des minorités. Pour parachever la trahison,
ces illuminés “venus d’ailleurs” se sont
rendus à Washington, à Montréal, à Paris
et à Bruxelles. Ces traîtres qui veulent fractionner
l’unité nationale cimentée par le sang de nos
glorieux Chouhada se sont réunis à Paris avec des
agents d’un service de renseignement étranger (non
Français) pour implorer un soutien actif, se disant
prêts en contre partie à faire des concessions indécentes
et invraisemblables !
Ceux qui glorifient la Kahina et répudient Fatma N’soumer
n’ont rien appris de l’histoire de l’Algérie.
Pire encore, ils conspirent et avec les ennemis de l’Algérie
et se préparent déjà a passer à l’étape
suivante a savoir agir militairement pour réaliser leur plan.
Un récent rapport du DRS classé Très Secret,
donne l’alerte et informe que le MAK a amassé une quantité
incroyable d’armes et de munitions…. avec l’aide
d’officiers supérieurs de l’ANP dont le général
major Saïd Bey…. !
Le péril est bien là et le danger bien réel
et il devient urgent de prendre toutes les mesures qui s’imposent
pour éviter l’irréparable. Il faut donc agir
et vite car, si certaines lignes rouges sont franchies tout
peut arriver, même le plus imprévu….
On ne pourra jamais dire que le Mouvement Algérien des Officiers
Libres n’a pas mis en garde les uns et les autres. Le
moment venu, nous ferons abstraction de toutes ces considérations
quand la ligne de mire sera le salut de la patrie. Nous avons fait
le serment de défendre notre pays en toutes circonstances
et contre tous les dangers et Dieu nous est témoin que nous
ferons tout, absolument tout sans la moindre hésitation ni
la moindre concession pour sauver l’Algérie.
Gloire
à nos Martyrs et Tahya Eldjazaïr
P/Le
Mouvement Algérien des Officiers Libres
Le
Colonel H. du DRS, Membre du MAOL
Editorial
du 05 Octobre 2002
La
honte sur nos martyrs.
Le
05 octobre 1988, un soulèvement confectionné de bout
en bout par Larbi Belkheir et Khaled Nezzar, l'objectif était
simple et morbide : Eliminer toute la génération de
militaires et civils nationalistes intègres qui avaient participé
à la guerre de libération.
Pour se faire, les commanditaires ont usé de ruses et de
moyens multiples. Khaled Nezzar qui était en charge de la
situation n'a nullement hésité sur les moyens de répression
quand il a senti que les évènements prenaient une
tournure fâcheuse. Près de six cents jeunes ont connu
une fin tragique, sans compter les personnes blessées et
torturées.
Quand
on entend Nezzar faire des déclarations sur les événements
d'octobre on a plutôt l'impression que c'est lui qui a sauvé
les jeunes algériens d'un génocide certain !
Est-ce un hasard si quelques temps après, Nezzar s'est retrouvé
catapulté au sommet, alors que tous les officiers issus de
l'ALN ont été éjectés de leurs postes
d'une manière sans précédant ?
Est-ce un hasard si tout a basculé après que Nezzar
ait eu entre les mains le sort de l'Algérie ?
Ces
millions de jeunes algériens qui sont aujourd'hui dans une
situation pire qu'en 1988, peuvent-ils croire en leur pays quand
ils voient que Lofti Nezzar viole toutes les lois de la république
et se permet toutes les libertés comme le fils gâté
d'un Calife scélérat.
La
garantie par l'Etat de la sécurité de tous, l'assurance
d'un travail et un toit sur la tête sont des droits fondamentaux
pour tous les Algériens ; ce sont même des facteurs
indispensables à une digne citoyenneté.
Peut-on
parler de lutte contre le terrorisme alors qu'au même moment
le chaos qui règne dans notre société offre
un terrain fertile pour toutes les activités mafieuses et
toutes les horreurs.
On ne doit pas s'étonner de voir des jeunes à la fleur
de l'âge prendre des armes et basculer dans la violence si
les injustices les plus ignobles sont commises dans l'impunité
absolue.
On ne doit pas s'interroger sur les raisons qui incitent ces mêmes
jeunes à se jeter à la mort si les sentiments de haine,
de rejet et de mépris sont les plus prédominants dans
une société qui ne communique plus! Une société
injuste dans laquelle personne ne croit plus !
Qui
n'a pas remarqué dans les rues d'Alger et d'ailleurs des
jeunes à peine la vingtaine à bord de voitures qui
coûtent de petites fortunes (que même un fonctionnaire
honnête ne peut pas acquérir avec les économies
d'une vie), ces mêmes jeunes faisant tout sur la route pour
se faire remarquer et attirer l'attention sur eux ! Que peuvent
penser les jeunes de leur âge qui hantent les rues de nos
villes et que peuvent-ils ressentir?
L'Etat
ou plutôt les décideurs au somment de la hiérarchie
de l'Etat ne se sont jamais préoccupés du sort de
ces jeunes hommes et jeunes femmes qui peuplent l'Algérie
! Pour eux se ne sont que des bêtes dans un enclos duquel
ils puisent les soldats et les terroristes nécessaires à
l'entretien du feu qui brûle l'Algérie depuis des années.
Dommage
pour tout ce gâchis, pour toutes ces vies fauchées
par Nezzar, par Belkheir, par tous ceux qui ont fermé les
voies de la raison pour ouvrir les portes de l'enfer dans lequel
ils ont jeté le pays.
Si
octobre a été une tempête passagère qui
a changé l'Algérie pour toujours, le déluge
qui nous attend et bien pire encore.
Gloire
à nos Martyrs et Tahya Eldjazaïr
Le
Commandant BenHamadi Lotfi dit AbdelRahim (DRS)
Editorial
du 30 janvier 2002
Où
sont les HOMMES d'Eldjazaïr?
"Je
n'ai pas peur des Français car ils vont partir, j'ai peur des
hommes qui vont gouverner l'Algérie demain." Dires du colonel Lotfi quelques temps avant de tomber au champ d'honneur.
Au nom de l'intérêt suprême de la nation, un silence
lâche et coupable a permis à des conspirateurs perfides
et pervers de prendre en otage le sort de toute une nation.
Liamine
Zeroual
qui n'a pas trouvé le courage d'arracher les racines du mal,
aura été l'exemple parfait du traître qui a préféré
s'enfuir devant ses responsabilités de militaire et de président.
Ce n'est pas le seul malheureusement, la liste et bien longue et cette
génération de " hommelettes " a fait
plus de tort à l'Algérie et à son peuple en dix
ans que le colonialisme pendant la guerre de libération.
Analyser
la structure sociale actuelle et prédire le sort de l'Algérie
est un exercice qui pourrait mettre à mal plus d'un car le
changement profond qu'a connu notre pays promet un avenir plein de
malheurs et de surprises fort désagréables. Toute âme
digne refusant la médiocrité dans laquelle nous vivons
pitoyablement doit se demander comment sommes-nous arrivés
là ?
Pour
quelle raison des hommes se taisent et restent inertes face à
ce spectacle calamiteux qui fait honte, sorti tout droit des abîmes
de l'abysse ? Le drame Algérien ne vient pas uniquement des
horreurs et des crimes commis par les commandeurs de l'ANP, il vient
surtout du silence égoïste et de la lâcheté
des uns et des autres.
Comment
des HOMMES aussi sincères et fidèles soient-ils
envers l'Algérie, présents à tous les niveaux
et toutes les institutions de l'Etat, civiles et militaires, peuvent
t-ils accepter d'être commandés par Larbi Belkheir
?
Peut-on
croire que dans toute cette foule d'hommes politiques civils et militaires
qui se sont alternés à un moment ou un autre à
des postes de commandement depuis l'indépendance puissent rester
les bras croisés aussi frigides avec une indifférence
sidérante alors que l'Algérie entame une descente vertigineuse
aux enfers ?
Les généraux
ont certainement réussi à semer le peur bon gré
mal gré dans les âmes faibles. Un homme a le droit d'avoir
peur, pour pouvoir trouver le courage de combattre, c'est ce qu'il
y a de plus humain, mais le surcroît de peur tourne un homme
en complice et en traître.
Comment
se fait-il que des vaillants baroudeurs sont devenus des pantouflards
paresseux et insensibles à ce qui les entourent, alors qu'ils
ont promis de servir Eldjazaïr et de la défendre envers
et contre tout ?
Comment
est-ce possible que les enfants de Chouhadas et de Moudjahidines acceptent-ils
de se laisser embourber par les Toufik, Smain et Touati. Faut-ils
bien leur rappeler que ces énergumènes sont au service
de Larbi Belkheir ?
Faut-il
rappeler certaines réalités à tous ceux frappés
d'une amnésie volontaire suite aux gifles du Don Larbi Belkheir
qui dirige aujourd'hui le pays du million et demi de martyrs ?
Comment
peut-on oublier que le père de Larbi Belkheir, Monsieur
le grand KAID offrait les vierges algériennes à
ses maîtres Gaulois ?
Comment
peut-on oublier que Larbi Belkheir a évincé des
rangs de l'ANP tous les hommes qui portaient encore les odeurs du
Baroud de Novembre 1954 ?
Comment
peut-on oublier qu'il a massacré la sécurité
militaire avec la complicité stupide du colonel Mouaouya
alors chef de l'IGS (Inspecteur général des services
SM) entre 1981 et 1986, liquidant toutes les têtes pensantes
du service secret qui était un bouclier à l'avant-garde
de tous les ennemis de l'Algérie ?
Comment peut-on oublier que c'est Larbi Belkheir qui a ordonné
à son sbire Smain Lamari de constituer un escadron de la mort
pour faire le nettoyage nécessaire d'après lui ?
Comment
peut-on oublier que c'est lui qui a arrangé la liquidation
de Tayeb el Watani, Kasdi Merbah et tant d'autres ?
Comment
peut-on oublier que chaque jour Larbi Belkheir est entrain
de brader notre pays et spolier avec son ramassis de pillards ses
richesses, poussant des gens honorables à se nourrir dans les
poubelles et pire encore ?
Comment peut on oublier que Larbi Belkheir a imposé
une vraie malédiction comme président, un bonimenteur
qui sème à tout vent les fausses promesses et les mensonges
?
Comment peut on oublier que depuis juillet dernier, Larbi Belkheir
s'est autoproclamé président effectif et Master dominateur,
devant lequel les bouffons du pouvoir font les petites courbettes
?
Comment
se fait-il que de nos jours des sous-officiers, officiers et même
officiers supérieurs retraités de l'ANP se font jeter
dans la rue par Larbi Belkheir et deviennent des laissés
pour compte alors qu'ils ont servi leur pays avec dignité toute
au long de leurs carrières. A qui le tour demain ?
La liste
et encore longue, très longue et la question reste toujours
posée : Quand un homme accepte de servir un traître,
un assassin ne devient-il pas lui-même par conséquent
plus traître et plus assassin ? Il
y a eu un temps où des interrogations pareilles auraient sonné
comme des BALLES dans les oreilles des HOMMES ! Mais
en ces temps là les HOMMES avaient pour principe notre
cher vieux proverbe populaire " EL MOUT OUALA AL-AAR "
qui veut dire " PLUTÔT LA MORT QUE LE DESHONNEUR"
!
Aujourd'hui l'Algérie des uns doit aller vers le partage du
pays en un Etat fédéral ; celle des autres doit être
une terre ouverte à toutes les prémices ; mais dans
tout cela, l'Algérie des Chouhadas, elle est où ? Leurs
rêves, ils sont où ?
Jusqu'à
quand devrions-nous boire dans le vase du déshonneur et de
la honte ?
Notre
mutisme est plus tranchant que les lames qui ont massacré nos
enfants et plus perçant que les cris des femmes et des hommes
disparus à tout jamais.
L'éveil
des HOMMES c'est pour quand?
Gloire
à nos Martyrs et Tahya Eldjazaïr
Un
Officiers Sup. au MDN qui refuse d'être commandé par
Larbi Belkheir
|